Poeti italiani
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ROMANO COCCHI
Indietro col tempo
Ho compiuto, da mesi, ottantun anni
e confesso di portarli con poco affanno;
di cinque fratelli, per dir la cosa in rima,
io son, purtroppo, quel che fu stampato prima.
Sarà perciò che ora, ogni mattino,
già si fa vivo qualche dolorino
de io, che dico ad altri di farci il callo,
un po? Ci penso e poi scrollo le spalle.
Qui, però, una verità si può pur dire:
non riesco più a ballar come in passato;
inutile cercar la ballerina,
il riesco è rimaner senza benzina.
E adesso è propio quella troppo cara,
perciò è meglio star coi piedi in terra,
e ormai non fò fatica a fare il serio,
ma il cuore si può svegliar se giro nel cimitero.
Vista, infatti, la tomba di una donnina,
che sessant'anni fa mi fu fidanzatina,
mi son fermato pensando solo di pregare,
ma il mio computer si è messo a vagare.
Allora, poi, la mente si è fatta indietro
a quando l'affetto era anche una poesia,
a quando la ragazzina, con calore,
diceva: “Sei solo tu il mio grande amore”.
Mi son commosso, essendo un emotivo,
perché quel bel ricordo è ancora vivo;
e qui dico che io, allegro vecchietto,
ho dovuto prender fuori il fazzoletto.
Questa e una libera versione, per Marco Masetti ,
del poema che fu scritto in dialetto bolognese
della regione Emilia Romagna :
Il poema comenza così:
INDRÌ COL TEIMP
Ai ho cumpè, da mis, utantón an
e qué a cunfès ch'ai pórt con poch afán;
ede zènq fradi, par dir la cósa in rémma,
a sòn, prutròp, mé quall ch'fó stampè prémma.
... …
… … ...
Difficile di capire, vero?
Penso che sarei di più ad comprendere la mia versione in francese che potette leggere ne la pagine seguente.
Version française libre du poème de
Romano Gocchi
par Mariette Cirerol
En arrière dans le temps
J’ai quatre-vingt-un ans depuis quelques temps
assumés sans entrain, je dois avouer.
De mes cinq frères, pour maintenir la cadence,
je suis celui qui naquit le premier.
Voilà pourquoi à mon réveil, chaque matin
il y a aussi une petite douleur qui se réveille.
Il faut bien que l’on s’habitue, je dis aux autres.
J’y pense un peu, puis je hausse les épaules.
Pourtant voici le secret que je peux vous confier :
Comme auparavant, je ne peux plus danser.
Inutile de me chercher une danseuse,
sans benzine, je risque de rester.
Étant l’essence devenue si chère,
Il vaut mieux rester les pieds sur terre.
Faire le sérieux n’est plus un problème,
mais le cœur peut se réveiller au cimetière
devant la tombe de la jeunette,
ma fiancée d’il y a soixante ans,
j’ai voulu m’arrêter pour prier seulement un moment,
mais mon ordinateur s’est mis à vagabonder.
Alors ma pensée en arrière est retournée
au temps où mon affection devenait poème,
au temps où passionnément
ma bienaimée me disait :
« Mon seul grand amour, c’est toi ! ».
Comme je suis un tendre, je m’émeus aux larmes
car ce beau souvenir vit encor.
Et le joyeux petit vieux que je suis devenu,
avec son mouchoir doit s’essuyer les yeux
Mon seul grand amour, c’est toi !
MARCO MASETTI
Sinfonia dei Colori
Rosso. Chiazze oscure dalle frange infuocate
sul limpido sangue del morente orizzonte;
scrigno prezioso di soffici labbra socchiuse
entro contrasti di ebano ed avorio.
Arancio. Rotondità smaltata di frutti succosi,
di piccoli soli sul tappeto oscuro di lucide foglie;
caldi riflessi del freddo metallo prezioso
forgiato in faville di anelli e monili.
Giallo. Disco tremolante che affiora timido
dai grigiori della fosca nebbia mattutina;
astro pallido, velato dallo scorrere di nubi
argentee sulla coltre cupa della notte.
Verde. Impenetrabile, dura massa vetrosa,
pure diffondi luminosi ma freddi riflessi di giada;
armonia di morbide erbette, freschezza di rugiada
entro ruvidità di oscillanti chiome ombrose.
Azzurro. Vertigine di alti spazi insondabili,
chiarità percorsa da candide nubi ovattate;
trasparenza di dolci acque tranquille riflette,
sfocate, le sagome di monti lontani.
Indaco. Fosche nubi sul basso cielo,
umide, incombono sull' attesa silente;
moto incessante di flutti si raggela,
lentamente, nell' oscurità dell' abisso.
Violetto. Umili gemme, esili, acute note sparse
sul luminoso spartito di tiepidi prati;
improvviso scoccare della folgore, abbagliante
nell' aria vibrante, odorosa di pioggia.
Version française du poème de Marco Masetti
Symphonie des couleurs
Rouge. Taches obscures des franges incandescentes
sur le sang limpide de l’horizon mourant ;
coffret précieux de tendres lèvres entrouvertes
nuancées d’ébène et d’ivoire.
Orange. Rondeur émaillée de fruits juteux,
arôme de soleil sur le tapis obscur des feuilles luisantes;
chaud reflet du froid métal précieux
forgé d’étincelles en forme d’anneaux et de colliers.
Jaune. Disque tremblant sortant timidement
de la grisaille dans la brume dense du matin ;
astre pâle, voilé par la course des nuages argentés,
surgissant du manteau noir de la nuit.
Vert. Impénétrable, dure masse vitreuse,
pure luminosité fondue dans de frais reflets de jade ;
harmonie de morbides herbettes, fraicheur de rosée
dans l’épaisse chevelure de l’hombre oscillante.
Azure. Vertige des hauteurs insondables,
clarté parcourue de candides nuages ovales ;
transparence des douces eaux tranquilles, reflétant
la silhouette estompée des montagnes lointaines.
Indigo. Nuages sombrant dans le bas du ciel,
humides, menaçants, attente silencieuse ;
mouvement incessant des vagues, se congelant
lentement dans l’obscurité de l’abîme.
Violet. humble joyau délicat ; nuit profonde
pénétrant dans la luminosité des prés tièdes ;
Éclairs éblouissants sillonnant soudain,
l’air vibrant de senteur et de pluie.
Pascuale Maffeo
LAPIDATIO – Parte 2
Subito molte donne e molti uomini accorsero a una valle
detta dell'Angelo. E non ci fu bisogno di cercarli. Dove il ragazzo li
aveva veduti, i miseri corpi pendevano dai rami ed erano impiccati.
Vasto fu lo sconforto delle donne, duro come pietra il silenzio
degli uomini.
Donne
Figli che brutta morte che scempio sconsolato,
sopra la bocca storta vi ride un fiore dannato.
Maledetta la luce che vi sfiora,
maledetto il silenzio e la controra.
Dirupata la casa devastata la vendemmia,
il sole è una bestemmia nelle piazze desolate.
Odio e fame sulle terre dei padroni,
odio e fame dentro l'unghia dei ladroni.
O palme senza perdono uccelli di miseria,
un sasso e una maceria trovaste al nudo sonno.
Le madri hanno donato tutto il miele,
le madri hanno bevuto tutto il fiele.
Cruda l'acqua nella canna secco pane alla bisaccia,
sopra l'erbe una minaccia corse grido di massaro.
Le donne sanno il fuoco che devasta,
le donne sanno il pianto che non basta.
Lunghe cupe senza fine cupe lunghe le stagioni,
vi parevano prigioni le pianure che varcaste.
Le spose avranno veglie disperate,
le spose avranno doglie forsennate.
O angeli derelitti ghirlande di anni spinosi,
s'apriva senza riposi la pastura che vi perse.
Le même poème : DONNE
mais dans la version française de Mariette Cirerol
Soudain beaucoup de femmes et beaucoup d’hommes accoururent à
une vallée nommée de l’Ange. Et il ne fut nul besoin de les chercher.
Là où le garçon les avait vus, les misérables corps pendaient aux
branches, la corde au cou. Vaste fut le malaise des femmes, dur
comme la pierre le silence des hommes.
Femmes
Enfants quelle vilaine mort quel supplice inconsolable,
sur la bouche tordue sourit une fleur damnée.
Maudite la lumière qui vous effleure,
maudit le silence et le malheur.
Effondrée la maison dévastée la vendange.
Le soleil est un blasphème sur les places désolées.
Haine et faim sur les terres des patrons,
haine et faim sous l’ongle des voleurs.
Oh palmes sans pardon oiseaux de misère,
cailloux et débris dans la vacuité du sommeil.
Les mères ont donné tout le miel,
les mères ont bu tout le fiel.
Crue l’eau du roseau sec le pain dans la besace,
sur l’herbe une menace court crie le paysan.
Les femmes connaissent le feu qui dévaste,
les femmes connaissent les pleurs qui ne suffisent pas.
Longues noirceurs sans fin noirceurs longues les saisons,
prisons nous semblent les plaines que nous franchissons.
Les épouses auront des veillées désespérées,
les épouses auront de douloureux accouchements.
Ô anges abandonnez la guirlande des années épineuses,
sans réponse s’ouvrent les pâturages perdus.